Fantasy 3668208 960 720

L'étoile filante

Mille feux incendient la cité qui sommeille.

Dans le ciel constellé, l’orgueilleuse se mire.

Là haut, sur un rocher, ton âme s’émerveille.

Le silence est troublant ; tu rêves, je t’admire.

 

La haut, sur un rocher, tu trônes, souveraine.

Dans l’encre de la nuit coule une mélodie.

Des arpèges lascifs, la voix d’une sirène,

Tu chantes doucement ; j’aime ta rhapsodie.

 

Des arpèges lascifs et nous quittons la terre,

Abandonnant le monde et son sort pathétique.

Devant tes yeux rieurs, un bateau militaire ;

On se vole un baiser dans l’humeur aquatique.

 

Devant tes yeux rieurs, un chaton se faufile,

Altier, presqu’insolent, la démarche feutrée.

Séduite, hypnotisée par l’animal agile,

Dans tes bras accueillants, l’heureux vient se vautrer.

 

Séduite, hypnotisée ? Quel est ce mal étrange

Germant dans le terreau des âmes solitaires ?

Quel remède apporter, quel salvateur mélange ?

Que peux-tu contre lui, savante apothicaire ?

 

Quel remède apporter ? Bois ce nectar léger

Aux arômes discrets exhalés du calice.

On y sent la groseille et la fleur d’oranger.

Dans ta gorge exaltée, l’exquis liquide glisse.

 

On y sent la groseille aux pépins dérisoires,

Tels les plombs meurtriers pourfendant l’hirondelle.

Avenir enchanteur, ô futur illusoire,

Tu séquestres ma mie, tu nous coupes les ailes !

 

Avenir enchanteur, elle va, elle danse,

Notre vie effrénée, puis, un beau jour, on meurt.

Dans le ballet satin de mes idées, je pense…

Sur la scène exigüe, c’est elle qui demeure.

 

Dans le ballet satin où les jupes s’envolent,

Dans les tonalités éparses sur la gamme,

Dans la palette en bois où les couleurs s’immolent,

Il est un blond reflet, un refrain, une Dame.

 

Dans la palette en bois, le bleu pur, insipide ;

Un oiseau blanc s’évade, étend son envergure.

Il fuit, flèche argentée, d’une course rapide.

Ce Pégase nacré est-il de bon augure ?

 

Il fuit, flèche argentée qui fait battre les heures,

Le temps dans l’air du temps, le soleil dans le soir.

Sonnez, tambourinez, maudits carillonneurs !

Entendez-vous ce loup qui hurle dans le noir ?

 

Sonnez, tambourinez !, une sombre mixture,

Sous la tente céleste ondule et se délaye.

Une ingambe comète a fui l’âpre texture.

Mille feux incendient la cité qui sommeille.

 

Rémy

 

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Commentaires (2)

1. Kouman 24/07/2019

Beau poème. Merci et bonne continuation !!!

enversetpourtous

enversetpourtous Le 24/07/2019

Merci Kouman! Très belle journée à vous. A bientôt ! Remy

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