rémy

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Oeil pour oeil, cent pour cent

J’ai fait l’amour avec tes yeux, comme un enfant,

Dans des combles disgracieux, mornes et froids.

Effleurant à peine ton corps qui se défend,

 

Pourtant à moitié dévêtu, rempli d’effroi,

Mon regard est au fond du tien, bleu, qui me fixe ;

Tu m’as chevauché, je suis tel un palefroi.

 

Aux ébats de tes cils joyeux, dans cette rixe,

Je frissonne, puis je frémis. Tu dis : « Mon ange ! »

Ton iris azuré sourit, gemme prolixe,

 

Semble m’inviter : « Viens ici, que je te mange ! »

De tes lèvres, la fleur me brûle, insoutenable.

Et je sens mon front caresser tes rousses franges.

 

Dans ton œil sensuel je lis le doux vocable,

Le clin qui m’incline à commettre une folie

Tout en suppliant : « Je t’en prie, sois raisonnable. »

 

Tu m’ouvres ces lagons clairs de mélancolie,

En surplomb d’un relief à deux formes bossues.

Dans tes yeux, ma chérie, la tristesse est jolie !

 

Sur les miens sans dessous, ils prennent le dessus,

M’inondent peu à peu, pénétrants et sagaces,

Puis s’éclipsent enfin, terrassés ou déçus.

 

Car la vie t’a marquée mais t’a rendue tenace,

Tu sais trop bien aimer d’avoir autant souffert ;

Il faut t’apprivoiser comme un oiseau fugace.

 

Les pupilles de jais au milieu de tes sphères,

En un tour régulier enflent puis rétrécissent,

S’émaillant quelquefois de reflets or ou verts,

 

Et j’y crois voir ton cœur ; tous mes poils se hérissent.

A cet oaristys j’agonise, étouffant,

Car l’amour, dans les yeux, ne peut être factice.

 

Rémy

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